Tdm 2023 – Chapitre 15:  Papouasie-Nouvelle Guinée. (9-7 Mars)

Et voilà un vrai grand coup de cœur (au niveau humain) de notre tour du monde: la découverte de cet archipel perdu entre la mer de Salomon et de Bismark (pas vraiment connues ces mers ! ) et surtout les quelques tribus (parmi les 600) que nous avons eu la chance de rencontrer.

La carte ci dessous présente l’intégralité de notre trajet en Papouasie Nouvelle Guinée (PNG). Sur la pointe sud  de la Papouasie, se trouve Alotau, notre première escale.

Sur l’image je n’affiche que la moitié Est de l’île de Nouvelle Guinée. La partie ouest de cette île, est une province d’Indonésie alors que la partie Est sur l’image, ainsi que toutes les îles visibles sur cette carte font partie de la PNG, un état indépendant depuis 1975.  (Antérieurement à cette date elle était sous mandat de L’ONU, administrée par l’Australie  depuis 1945).

Si on observe notre trajet après notre départ d’ Alotau, nous nous sommes dirigés vers une toute petite île Kirwina, accessible par un petit ponton de bois uniquement en chaloupe. La mer était agitée, on nous dit que le ponton est submergé par les vagues, le capitaine prend la décision de ne pas y aller.

Voilà de quoi alimenter à bord les polémiques, sur le bien fondé de la décision, par rapport notamment au souvenir de l’île de pâques il y a 3 ans.  Personnellement, j’estime qu’un capitaine est plus avisé que moi sur ce que l’on peut faire ou pas, et je suis plus déçu pour les habitants que l’on voit au loin qui attendaient de pied ferme des 6 ou 7 navires qui passent chaque année.

Nous nous arrêterons donc au final à Rabaul (au Nord Est de la carte) située sur l’île de Nouvelle Bretagne.

Alotau

On lit souvent, que la PNG n’est pas un pays sûr. Bien avant les risques humains (notamment violences inter ethnies), le premier risque principal est lié au positionnement des îles sur la ceinture de feu, avec de fréquents tremblements de terre et risque d’éruptions volcaniques.

Nous avons été surpris et émus, par l’hospitalité de ces tribus. Il y a déjà l’accueil officiel par les tribus en tenue traditionnelle lors de l’arrivée du bateau, mais aussi l’accueil chaleureux dans les villages que nous traversons. On se promène en toute quiétude, les gens déploient , sur un coin de prairie, une natte où est proposée à la vente quelques objets d’artisanats locaux (pas de made in china ici). Mais il n’y a aucune pression, vous regardez, vous achetez ou pas, vous êtes toujours reçus avec ce grand sourire rouge (dû au chiquage du Betel) , les familles posent pour la photo, vous semblez fatigués, on vous avance une chaise. Bref ici hospitalité et gentillesse vont de paire.

L’accueil officiel du commandant et de ses officiers à Alauto. A cette occasion les autorités locales remettent une plaque commémorative pour chaque bateau qui fait pour la première fois escale dans un port.
Près d’une entrée du bateau sont exposées toutes les plaques offerts par les autorités locales.
Pour la PNG, la collection s’est enrichie de 2 bâtons de chef
Un autre exemple de plaque du Costa Rica.

Quelques photos de l’arrivée au port de Alotau avec les papouasiens en habits traditionnels.

Nous visitons la petite ville d’Alotau ainsi que quelques villages avoisinants.

Quelques marchés locaux où chacun vend la production de son lopin de terre, où comme ci dessous quelques articles d’artisanat.
On voit énormément,  ce que nous croyons, au début, être des petits citrons verts, et à côté des petits fagots d’haricots. En fait il s’agit de noix d’arec (ou noix de betel) que les habitants consomment en grande quantité sous forme de chique.  En présence de la salive et avec l’ajout d’une poudre blanche qui est de la poudre de coquillage des alcaloïdes euphorisants et anorexigènes sont produits. Les fameux haricots sont des gousses de moutardier qui vont donner une saveur épicée au mélange. Une réaction chimique libère un colorant rouge intense, qui explique le sourire rouge parfois inquiétant des autochtones.
Quelques sourires rouges
Voilà le fameux sourire rouge du Betel. Inquiétant quand on sait que les tribus les plus reculées dans la jungle, pratiquaient le cannibalisme jusqu’au milieu du XX ème siècle. Mais malgré leur mine patibulaire,  les papous rencontrés étaient chaleureux, attentionnés.
Paysans revenant des champs, machette à la main
Un recyclage d’épaves de voiture intelligent. Çela sert à éviter l’érosion de la rive
Notre petit groupe dans un village.
Chaque villageois tient boutique sur son bout de gazon
Les habitants sont ravis de nous faire découvrir, dans un petit marécage quelques tôles rouillées, les restes d’une barge de débarquement japonais. (j’en reparle un peu plus tard dans cet article)

Ci dessous quelques photos prises dans un village.

Ici dans une communauté plus importante, le marché touristique installé à la hâte est un peu plus fourni.
Les îles de Papouasie sont recouvertes d’une forêt dense tropicale.  C’est encore en grande partie une des rares forêts primaires du monde.

Quand on visite la Papouasie, on ne coupe pas aux sites historiques de la seconde guerre mondiale. Le site de Milne bay est d’une importance primordiale, car après Pearl Harbor en 1941, la bataille de Milne bay de 1942, est l’endroit où les troupes japonaises subissent leur première défaite contre les alliés US et Australiens. Après cette défaite l’île est devenue une base stratégique pour les troupes alliées, une tête de pont qui a permis de reprendre difficilement île par île, le contrôle de cette région du pacifique.

Rabaul

Le port de Rabaul sur l’île de Nouvelle Bretagne.

Après une visite du marché, avec toujours une profusion de légumes, de noix d’arec, et de poisson séché (on ne trouve quasiment pas de viande ici) , nous repartons vers un magnifique site d’observation des volcans, but de notre excursion du jour. En cours de route, nous faisons comme hier, plusieurs arrêts dans des villages.

Une vue de Rabaul des hauteurs. Au fond on voit quelques volcans.
On passe devant un musée un peu foutoir consacré à la seconde guerre mondiale. On visitera aussi des tunnels creusés par les japonais  pour abriter un hôpital de campagne ou des barges de débarquement, mais cela n’a pas grand intérêt.
Les routes sont goudronnées de temps en temps.
Voilà le site d’observation des volcans. Il y a quelques sources d’eau à 80 degrés C, qui se jettent dans la mer. C’est le seul endroit où on trouve une concentration de touristes qui viennent tous du bateau.
Qui dit beaucoup de touristes, dit un peu plus de stands de ventes d’artisanat local. Il y a tellement peu d’arrivées de bateaux de croisière, que les habitants profitent à fond de chaque occasion qui se présente.

Nous repartons pour 4 jours de navigation vers Manille. Pendant la première nuit qui suit notre départ à 23 h 50 réveil brutal et grosse frayeur. Tremblement de terre magnitude 6 échelle richter on est à 15 km de l’épicentre (Point rouge sur la carte).   Le bateau est une vraie coquille de noix bien secouée, 2 secousses se suivent, dont une d’une dizaine de secondes. Cela paraît long. Quelques blocs de clim tombent. Ça se calme, aucune avarie au finale. J’ai ainsi appris qu’un navire en pleine mer avec au minimum 100 m d’eau de profondeur, (on est plutôt à 5000 m ici), est très peu sensible même à de très gros séismes.

Le matin de cette nuit agitée,  j’entend couiner au dessus de ma tête. Je découvre avec effroi, mon pauvre lapinou, auquel s’accroche petit Koala, qui s’est retrouvé coincé dans la sortie de climatisation, lors des secouces de la nuit.

3 commentaires sur « Tdm 2023 – Chapitre 15:  Papouasie-Nouvelle Guinée. (9-7 Mars) »

  1. J’aurais bien été incapable de situer ces îles sur une carte ! Merci de nous les faire ainsi découvrir avec un reportage détaillé.

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